Un emploi non délocalisable
L’accompagnement s’exerce au domicile ou dans la structure. Il ne peut être ni automatisé ni transféré à l’étranger, et il s’ancre dans le quartier où vit la personne.
Nous plaidons pour une filière professionnelle du grand âge. Un plaidoyer ne vaut que par ses données : les voici, avec leur périmètre, leur année et leur source — y compris quand elles dérangent nos propres hypothèses.
Deux périmètres, jamais confondus.
Les données camerounaises décrivent la démographie et la protection sociale du pays (Nations unies, Organisation internationale du travail). Les données françaises décrivent une filière d’aide à la personne arrivée à maturité ; elles servent de point de comparaison pour anticiper ce qu’une filière structurée produit en emplois et en organisation. Elles ne décrivent en aucun cas la situation camerounaise et sont systématiquement signalées comme telles.
Le Cameroun reste un pays jeune. Mais la population âgée y croît plus vite que toute autre classe d’âge, et les dispositifs qui devraient l’accompagner sont très peu développés.
La population de 60 ans et plus est multipliée par 2,7 entre 2025 et 2050. Dans le même temps, moins d’une personne en âge de retraite sur cinq perçoit une pension — et chez les femmes, moins d’une sur dix.
Or ce sont les femmes qui vivent le plus longtemps, et donc qui traversent le plus souvent les années de dépendance. La conjonction d’une longévité accrue et d’une couverture quasi nulle désigne précisément la population que l’accompagnement professionnel doit atteindre.
Sans revenu propre, l’accès au service dépend entièrement de la solidarité familiale — ce qui rend indispensable un mécanisme de solvabilisation. Voir notre réponse.
Les données françaises ci-dessous ne décrivent pas le Cameroun. Elles décrivent ce qu’une société produit lorsqu’elle décide de professionnaliser l’aide à la personne : un secteur d’emploi de premier plan, avec ses forces et ses défauts.
France, 2019. Un ordre de grandeur : environ 4 % de l’emploi salarié du pays.
| Type de salariés | Effectif | Femmes | 55 ans ou + | Salaire horaire brut médian | Heures/an |
|---|---|---|---|---|---|
| Salariés de particuliers employeurs | 748 000 | 87 % | 39 % | 14,50 € | 560 |
| Salariés d’organismes de services | 370 000 | 94 % | 24 % | 11,20 € | 890 |
| Ensemble des services à la personne | 1 049 000 | 89 % | 34 % | 14,20 € | 740 |
Source : Insee, Insee Première n° 1981 — BTS 2019, fichier PEA 2019 ; DGE, Nova 2019. Un salarié peut relever des deux catégories, d’où un total inférieur à la somme.
En 2024, les secteurs des services et de la santé-action sociale déclaraient 544 820 projets de recrutement en France, dont 57,5 % jugés difficiles à pourvoir. Le besoin ne manque pas : ce sont les professionnels formés qui manquent.
| Région | Projets | Difficultés |
|---|---|---|
| Île-de-France | 82 970 | 53,5 % |
| Nouvelle-Aquitaine | 61 610 | 66,8 % |
| Auvergne-Rhône-Alpes | 58 350 | 62,6 % |
| Occitanie | 54 340 | 48,8 % |
| Ensemble du territoire | 544 820 | 57,5 % |
Source : France Travail, enquête Besoins en main-d’œuvre 2024, secteurs « Autres activités de services » et « Santé humaine et action sociale ».
Déplacez les curseurs pour construire votre propre scénario. Le calcul est volontairement simple et entièrement transparent : il n’a pas valeur de prévision, mais il donne l’ordre de grandeur du gisement d’emplois en jeu.
Formule appliquée : emplois = (personnes âgées × part accompagnée) ÷ bénéficiaires par auxiliaire. Aucune hypothèse cachée, aucune projection économétrique. C’est un outil de cadrage, pas une prévision.
emplois d’auxiliaire de vie sociale correspondant à ce scénario
L’accompagnement s’exerce au domicile ou dans la structure. Il ne peut être ni automatisé ni transféré à l’étranger, et il s’ancre dans le quartier où vit la personne.
Chaque auxiliaire libère du temps pour les aidants familiaux — le plus souvent des femmes actives — et leur permet de rester dans l’emploi.
Sans formation ni contrat négocié, il devient un travail précaire et usant. La qualification n’est pas un supplément : c’est ce qui rend le gisement réel.
De sources statistiques publiques, citées sous chaque graphique avec leur année et leur périmètre géographique :
Parce qu’il n’existe pas encore, au Cameroun, de statistique publique détaillée sur une filière de l’aide à la personne qui reste largement informelle. Les données françaises documentent un secteur mature : volume d’emplois, structure des métiers, inégalités de recours, tensions de recrutement. Elles servent d’étalon, pas de description. Chaque graphique concerné porte la mention de son périmètre, et nous n’en tirons jamais de chiffre présenté comme camerounais.
Elles sont importantes et nous les assumons. Le calcul ignore la solvabilité réelle de la demande, la répartition entre villes et campagnes, l’intensité variable des interventions selon le niveau de dépendance, et le rythme auquel un appareil de formation peut effectivement produire des professionnels qualifiés. Il ne dit pas ce qui va se passer : il dit combien d’emplois correspondraient à un niveau de couverture donné. C’est un outil de discussion.
Non, et elles sont signalées comme telles. Les chiffres de chiffre d’affaires, d’effectifs et de bénéficiaires à cinq ans sont des objectifs issus du plan stratégique adopté par l’association, assortis d’hypothèses de croissance explicitées dans ce document. Ils décrivent une intention, pas une réalité constatée. Les résultats effectivement atteints seront publiés au fil de leur réalisation.
Une erreur, une source plus récente ? Nous corrigeons volontiers. Signalez-la via la page de contact en précisant le graphique concerné.